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>>ST17 Vêtements, modes et résistances

Responsables de la ST : 

  • François HOURMANT (Université d’Angers)
  • Erwan SOMMERER (Université d’Angers) – erwan.sommerer@univ-angers.fr

Appel à communications : 

Des soutiens gorges jetés par les féministes américaines dans les « poubelles de la liberté » à la nudité des Femen, du polo Fred Perry des suprémacistes américains aux tee-shirts no logo des altermondialistes, du béret du Che au Keffieh d’Arafat, le vêtement, et parfois son absence, nourrit le spectre des résistances, alimente la scénographie des contestations, leur confère une visibilité quitte à jouer, comme les Black Blocs, sur l’anonymat protecteur. Souvent lié à un acte de résistance, le vêtement rend ainsi visible la construction d’un antagonisme (Laclau, Mouffe) qu’il révèle et vise à renforcer : il signale ce qui est contesté tout autant que l’adhésion à une alternative. Langage politique, le vêtement relève de ces formes ambivalentes de communication non- verbales qui disent à la fois l’emprise du pouvoir comme sa contestation, le poids de la domination masculine et son rejet, l’assujetissement des individus à l’économie marchande mondialisée mais aussi leur libération dans la remise en question de l’ordre social (punk, skin, grunge, gothic…).

Si l’histoire du vêtement est bien une histoire totale (Pellegrin) – celle de la mode, de la culture matérielle (Roche) – et plus largement une histoire sociale, politique et culturelle du paraître (Perrot), elle constitue alors un vecteur privilégié pour appréhender les modalités de résistances à toutes les formes de domination politique, socio-économique, culturelle, sexuelle, etc.
A la jonction de la science politique, de l’histoire politique et l’histoire de la mode, de la communication politique, des gender studies et des visual studies, ce projet s’insère dans une perspective pluridisciplinaire. Il invite à solliciter des sources hétérogènes (tant écrites qu’iconographiques, des protocoles d’enquêtes (de l’observation ethnographique à l’analyse sémiologique) et des terrains (notamment post-coloniaux) variés.

Axe 1 : Manifester l’antagonisme par le vêtement

Il s’agit d’analyser les logiques concomitantes de distanciation et d’adhésion. Le vêtement peut être révélateur de la « division originaire du social » (Lefort). Il manifeste le double processus de distanciation envers un corpus de normes ou de valeurs jugées intolérables, et d’adhésion à un corpus alternatif : il rend visible la trajectoire de rupture et d’identification qui caractérise le sujet en situation de construction des antagonismes. Quel rejet et quelle appartenance montre-t-il ? Quel est l’antagonisme, politique, social, culturel, etc., qui est ainsi construit et surtout en quoi le vêtement y joue un rôle clé ?

Axe 2 : Culture des apparences et mobilisations contestatairesµ

Il s’agit d’étudier le vestiaire sous l’angle de la symbolique politique et son rôle dans les dynamiques des contestations et des mobilisations, des répertoires d’action (Tilly). Comment, entre ostentation et discrétion, le vêtement contribue-t-il à la construction des identités et des appartenances, à la cristallisation des résistances ? S’il incite à prendre en compte une approche socio-historique du sensible (A. Corbin), conciliant spectaculaire et émotionnel dans l’économie politique du paraître, il ne doit pas occulter le nécessaire questionnement de la réception et de ses effets.

Axe 3 Circulations idéologiques et transferts culturels

Il s’agit d’évaluer le poids des transferts culturels (Espagne) et donc du vestiaire et de la mode dans la circulation des représentations et la cristallisation des actions de résistance. Cela implique la prise en compte des « jeux d’échelles » (Revel) afin de souligner les processus d’hybridation et de métissage, entre bricolage et braconnage (De Certeau), qui permettent de retracer des continuités mais aussi une déperdition du sens, voire des contre- sens. Ainsi, l’on pourra mettre en évidence de quelles façons ces codes circulent en insistant sur le rôle des passeurs, des vecteurs (réseaux sociaux, défilés de modes…) et des ressorts (transgression, scandalisation).

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