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>>ST2 Résistances de/dans/par la science-fiction : regards politiques

Responsables de la ST : 

  • Marc ATTALLAH (Université de Lausanne) – matallah@ailleurs.ch
  • Yannick RUMPALA (Université Côte d’Azur) – rumpala@unice.fr
  • Virginie TOURNAY (SciencesPo Paris) – virginie.tournay@sciencespo.fr

Appel à communications : 

De manière plus complexe que les images simplistes dont elle se voit trop souvent affublée, la science-fiction est un univers de résistances : son histoire éditoriale aux lisières des genres canoniques et les thématiques de révolte – d’humains ou de non-humains, d’ailleurs – qu’elle a largement incorporées en sont des illustrations parmi tant d’autres. Sur un plan scientifique, les études francophones du politique semblent toutefois avoir peu travaillé cette dimension, alors que le genre a connu un développement notable et que son influence culturelle s’est étendue. Cette lacune est d’autant plus surprenante que les théories de la fiction ont montré que l’activité narrative possède des vertus de décentrement essentielles pour se penser autrement et que les effets peuvent être aussi politiques.

Il y a donc un certain nombre de points aveugles dans les relations entre science-fiction et politique que cette section thématique propose d’explorer en profitant de la ressource heuristique offerte par le thème général du congrès.

Trois axes d’exploration sont envisagés pour baliser cette section thématique :

  • la science-fiction comme forme de résistance et dissidence culturelle ;
  • les représentations des résistances dans la science-fiction ;
  • les utilisations de la science-fiction dans différentes formes d’actions collectives et de mobilisations.

1)

La science-fiction a longtemps été un genre marginal, fréquemment considéré avec dédain, voire suspicion. Son histoire est aussi une histoire de luttes au sein du champ culturel. Produire de la science-fiction ou la défendre a pu pendant longtemps, et encore aujourd’hui, paraître comme une forme de résistance face à une culture dominante. On peut penser que l’enjeu n’était pas qu’un enjeu culturel et qu’il avait d’autres sources et implications qu’il peut être intéressant de faire (ré)émerger, du point de vue d’une fonction sociale et politique par exemple.

2)

Révoltes et résistances y ont fréquemment fourni des ressorts narratifs. Les rebelles qui affrontent l’Empire dans la série Star Wars sont un exemple qui vient facilement à l’esprit, mais il a tendance à en occulter de multiples autres. On songe au développement de la science-fiction (éco)féministe, à l’afrofuturisme, à la veine dystopique, etc. Dans cet axe, il pourra s’agir de s’intéresser à la teneur politique ou idéologique plus ou moins apparente de ces récits, à ce qu’ils véhiculent comme représentations, problématisations, contenus critiques, etc., et à ce qu’ils disent du rapport à un certain ordre politique.

3)

Une part de l’imaginaire de la science-fiction, par ses images et ses symboles, a pu être également utilisée pour être intégrée dans certains répertoires d’action de mouvements ou mobilisations. Les images, dans leurs multiples destins, peuvent en effet faire l’objet de réappropriations, notamment lorsqu’elles paraissent susceptibles de soutenir plus solidement un message ou une cause. Le film Avatar réalisé par James Cameron (2009) et la résistance qu’il met en scène contre une tentative de colonisation minière, symboliquement par les humains d’un corps expéditionnaire sur une autre planète, ont servi des inspirations politiques et des mobilisations. Pour porter leurs revendications, on a vu des militants reproduisant l’apparence des Na’vis, le peuple de Pandora, exolune où se déroule le récit[1]. Le genre offre-t-il des ressources que d’autres n’offrent pas ? Les auteur(e)s, d’ailleurs, peuvent aussi être dans une position militante, comme le montre récemment en France l’exemple du collectif Zanzibar qui propose de « désincarcérer le futur ».

À partir de la multiplicité des supports envisageables (littérature, théâtre, cinéma, séries télévisées, jeux vidéo, etc.), les propositions pourront s’inscrire dans l’un de ces axes ou à la croisée de plusieurs.

[1] Cf. Bruce Bennett, « Loving the Alien. Indigenous Protest and Neo-Colonial Violence in James Cameron’s Avatar », in Katarzyna Marciniak and Imogen Tyler (eds), Immigrant Protest: Politics, Aesthetics and Everyday Dissent, New York, SUNY Press, 2014.

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