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>>ST22 Néolibéralisme(s) et politiques publiques en Belgique

Responsables de la ST : 

  • Damien PIRON (Université catholique de Louvain) – d.piron@uclouvain.be
  • Zoé EVRARD (SciencesPo Paris) – zoe.evrard@sciencespo.fr

Appel à communications : 

Au cours de la décennie écoulée, de nombreuses joutes académiques, politiques et médiatiques ont vu le jour aux quatre coins de la planète autour de la question du néolibéralisme et de ses effets sur l’État et les politiques publiques. La Belgique ne fait pas exception à ce constat. Depuis plusieurs années, ce concept fait régulièrement l’objet de passes d’armes médiatiques. En février 2018, dans un contexte marqué par l’émergence de plateformes citoyennes tournées contre le néolibéralisme et ses effets délétères, le directeur du centre d’études du MR conteste l’existence de cette « mystification intellectuelle », au motif selon lequel « absolument personne ne s’en revendique ». Ce à quoi ses contradicteurs rétorquent que « le néolibéralisme existe » bel et bien et peut non seulement être défini et observé, mais aussi dépassé.

Ces polémiques répétées soulignent à la fois l’actualité brûlante du concept de néolibéralisme, ainsi que l’ambivalence qui règne autour d’un terme qui s’érige aujourd’hui en étendard pour qualifier, dans une posture généralement critique, un large spectre de phénomènes de nature variée. Au gré des interlocuteurs et des situations, le néolibéralisme désigne tour à tour la généralisation de la compétition de tous contre tous, la privatisation directe ou latente des services publics et leur définancement à l’autel de l’orthodoxie budgétaire, l’essor des politiques de « responsabilisation » individuelle et collective ou encore l’accroissement des inégalités de richesse au sein de la population.

Ces questionnements font écho à une littérature académique foisonnante. Dans le sillage des réflexions de Foucault (2004) et Harvey (2005), les travaux consacrés à l’examen du néolibéralisme ont connu une croissance exponentielle à la suite de l’éclatement de la crise de 2008. Ces nombreuses réflexions s’inscrivent dans de multiples champs disciplinaires et reposent sur des cadres théoriques variés : la sociologie foucaldienne (Dardot & Laval 2009; Davies 2017), la sociologie politique (Mudge 2018), la géographie humaine (Peck 2010), l’histoire des idées (Audier 2012; Mirowski & Plehwe 2009), la comptabilité critique (Chiapello 2017) et diverses branches de l’économie hétérodoxe et marxiste (Duménil & Lévy 2014).

Dépassant l’illusion d’une rationalité à la fois monolithique et surplombante, de nombreux auteurs ont mis en exergue la variété des trajectoires nationales et régionales de ce phénomène global. Curieusement, la reconfiguration néolibérale des politiques publiques reste encore peu documentée à ce stade en Belgique. Aucun ouvrage ne rend jusqu’à présent compte de manière systématique de la portée et des effets d’un hypothétique « tournant néolibéral » en Belgique. L’histoire du néolibéralisme « à la Belge » demeure, en d’autres termes, en grande partie à écrire. Une telle entreprise ne manque pourtant pas d’intérêt, en raison de plusieurs caractéristiques de cet État : démocratie consociative exemplative, dotée d’un riche tissu associatif, la Belgique s’est muée, au cours du demi-siècle passé, en un État fédéral en vue d’atténuer les conflits communautaires qui la traversent. Les entités fédérées exercent aujourd’hui de nombreuses prérogatives, telles que l’enseignement, l’économie, l’emploi et la formation ou encore l’énergie et la recherche. En parallèle à cette dynamique de fédéralisation, la Belgique est également pleinement engagée au cœur de la construction européenne, qui balise aujourd’hui bon nombre de ses politiques publiques. Comment ces différents facteurs sont-ils entrés en interaction avec la logique néolibérale ? Ont-ils contribué à accélérer sa propagation ou, au contraire, à la tempérer ? S’en sont-ils trouvés affectés ? Dans l’affirmative, par quels mécanismes et dans quelle mesure ?

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