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>>ST25 Finances publiques et pandémie : la fin des mouvements de résistances ?

Responsable de la ST : 

  • Geneviève Tellier (Université d’Ottawa) – Genevieve.Tellier@uottawa.ca
  • Marx LEROY (Université de Reims)
  • Mohamed DJOULDEM (Université de Montpellier)

Appel à communications : 

Depuis quelques années, les mouvements de résistance face aux décisions budgétaires semblent s’être amplifiés un peu partout dans le monde. Ces mouvements ne sont pas seulement nombreux, ils sont aussi très diversifiés, et ciblent des objectifs souvent irréconciliables les uns les autres. Certains dénoncent le laxisme des autorités publiques (vis-à-vis les paradis fiscaux, par exemple) ; d’autres s’attaquent aux excès des États qui dépensent et taxent trop (mouvements notamment personnifiés par le Tea Party aux États-Unis) ; ou encore d’autres révèlent les iniquités des politiques d’austérité (gilets jaunes en France, printemps érable au Québec). En examinant ces diverses revendications, un constat apparaît rapidement : nos sociétés semblent de plus en plus divisées, polarisées. Dans de telles circonstances, il devient donc difficile de trouver des politiques publiques qui font consensus.

Les choses pourraient changer cependant. La pandémie causée par la Covid-19 a bouleversé la situation financière de tous les pays. Cette crise sans précédent a notamment mis en relief les nombreuses carences des services publics qui avaient déjà été identifiées par plusieurs, depuis longtemps. Par ailleurs, la capacité financière des autorités publiques est maintenant nettement insuffisante pour répondre aux besoinsde financement des programmes d’urgence. Nos États doivent emprunter des sommes qu’on aurait difficilement pu imaginer il n’y a que quelques mois.

On peut donc se demander si cette pandémie n’aura pas pour conséquence une transformation des mouvements de résistance et de leurs revendications. Par le passé, les crises majeures ont souvent été perçues comme étant une « fenêtre d’opportunité » (Kingdon, 1984), c’est-à-dire une condition nécessaire à l’adoption d’importantes réformes de finances publiques. Plusieurs soutiennent qu’en période de crises majeures, la propension naturelle des contribuables à résister à l’impôt s’amenuise (voir notamment Peacock et Wiseman, 1961). Les autorités publiques peuvent ainsi en profiter pour hausser leurs revenus pour financer de nouveaux services. Les contribuables s’habituant rapidement à cette nouvelle réalité, les États peuvent maintenir ces nouveaux services.

La pandémie actuelle pourrait-elle transformer les mouvements de résistance ? Par exemple, est-ce que la résistance à l’impôt qui s’est amplifiée et propagée depuis quelque temps va s’atténuer en raison de l’ampleur et la sévérité de la crise actuelle ? Est-ce que les revendications à propos d’une redistribution de la richesse plus équitable vont obtenir davantage d’appuis ? Plus généralement, verra-t-on davantage de collaboration que de confrontation dans les acteurs de diverses sphères publiques (à commencer par les partis politiques) ?

Cependant, on peut aussi se demander si nous ne pourrions pas observer un phénomène inverse et voir apparaître de nouveaux mouvements de résistance, qui amplifieraient les divisions actuelles. Par exemple, est-ce que des États ou encore des collectivités régionales pourraient revendiquer plus d’autonomie financière vis-à-vis des instances supérieures (organisations internationales, administrations nationales) ? Aussi, est-ce que les mouvements contre la fiscalité pourraient obtenir de nouveaux appuis ?

L’objectif de cet atelier est de réfléchir aux conséquences de la pandémie actuelle sur les finances publiques sous l’angle de la résistance. Nous sollicitons des contributions théoriques ou empiriques qui traitent des acteurs de la résistance financière, des objets et enjeux de cette résistance, ou encore des espaces et arènes où s’exerce et s’observe cette contestation. Cette résistance financière peut-être celle observée avant l’arrivée de la pandémie actuelle ou encore celle qu’il est possible d’anticiper pour les prochaines années. Les analyses comparées, notamment celles qui examinent les dynamiques observées dans le monde francophone, sont les bienvenues.

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