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>>ST31 Le répertoire « solidaire » des collectifs féminins et féministes

Responsables de ST : 

  • Hélène COMBES (CERI-Sciences Po Paris, rédactrice en chef de Critique internationale) – helene.combes@sciencespo.fr
  • Aysen UYSAL (CRESPPA-CSU, CETOBAC, IFEA) – uysalaysen@yahoo.fr

Appel à communications : 

Ces dernières années ont été marquées par un renouveau de l’intérêt de la sociologie des mouvements sociaux pour l’intrication entre quotidien et contestation. Si le tournant ethnographique (Combes et al., 2010 ; Ghisleni, 2017) n’est pas étranger à ce renouveau, il est aussi lié aux types de répertoires mobilisés par les acteurs contestataires (Dechézelles et Olive, 2017). Les occupations de terre (Wolford, 2010) ou de places (Combes, 2010 ; Ancelovici, Dufour et Nez, 2016), le temps long de ces contestations impliquent une irruption du quotidien dans la mobilisation : comment tenir le territoire ? Comment assurer la présence des participants ? Quelles activités organiser ? Comment dormir et s’alimenter ? En France, les zones à défendre (ZAD), où habiter est militer (Pruvost, 2017) et militer est habiter, ont donné naissance à une nouvelle génération de travaux où la prise en compte du quotidien fait bouger de nombreuses lignes, voire renouvelle des questionnements classiques de l’action collectives (Corroyer, à paraître).

Fort de l’apport de ces travaux, cette section thématique souhaite cependant décaler le regard vers des répertoires non contestataires et se centre sur les mobilisations dans la vie quotidienne qui débouchent sur des activités multiformes. Ce panel s’intéressera aux formes les plus visibles de la contestation, mais aussi à celles plus discrètes, moins ou non organisées, collectives ou individuelles. Ainsi, cuisiner, cultiver des plantes ou réaliser des jardins partagés, gérer collectivement des restaurants ou des petites boutiques, produire des biens alimentaires sont autant d’éléments d’un répertoire du quotidien mobilisé par des associations de quartier et des coopératives en France, en Espagne, en Turquie, en Amérique latine ou ailleurs. On s’intéressera également à la manière dont « les gestes quotidiens aident à faire le groupe » (Ancelovici et Emperador Badimon, à paraître).

Dans de nombreuses configurations nationales et historiques (Kefra, Le Renard, 2020), ce répertoire est souvent celui de collectifs (majoritairement) féminins. Entrer par le travail quotidien de ces collectifs, comprendre les « gestes » qui politisent et impliquent (ou pas) un réagencement des rôles sociaux et militant permet de se défaire d’une vision surplombante des logiques de la division du travail militant (Fillieule et Roux, 2012). Les collectifs, les coopératives, les associations, etc., deviennent souvent un point de rencontre de plusieurs générations de femmes de différentes origines nationales, ethniques et sociales, réunissant des visions et des pratiques très contrastées du féminisme. Ils constituent donc un espace heuristique pour observer, en action, différentes conceptions des rôles sociaux féminins, différentes façons d’être féministes. Une attention particulière sera portée à la question de l’intersectionnalité. Nous nous interrogerons aussi sur la manière dont ces collectifs, par le type de savoir-faire et de compétences qu’ils mobilisent, se transforment en espaces de résistance des militantes (James, 2010) et parfois d’ascension sociale et politique de femmes issues de milieux populaires (Quiros, 2011 ; Auyero, 2001, 2004).

Dans certains contextes, notamment autoritaires, le détournement de certaines interdictions constitue la partie moins organisée et moins visible du répertoire de la résistance afin de surmonter la répression et le coût élevé de la protestation, comme on le voit en Iran (Bayat, 2013), sous le régime d’Erdoğan en Turquie (Uysal, 2018, 2019), durant les dictatures latino-américaines (James, 2010). Les points de ralliement d’un groupe de femmes et/ou féministe autour du geste de cuisiner, de produire des biens alimentaires ou d’autres, « cet art de faire » (De Certeau, 1990) constituent dès lors un point d’entrée pour analyser le militantisme en contexte répressif.

Autant de questionnements renvoyant à la thématique du congrès : résistances.

Dans cette perspective, les études de cas explorées à travers différentes disciplines et divers terrains sont donc les bienvenues.

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