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>>ST4 Résistances aux modes de (sur)consommations et (sur)productions. Modalités, narrations et trajectoires

Responsables de la ST : 

  • Isabelle HAJEK (Université de Strasbourg) – hajek@unistra.fr
  • Myra HIRD (Queen’s University Ontario) – myrahird@me.com
  • Romain BIANCANEAUX (Université catholique de Louvain) – romain_bx@hotmail.fr
  • Muriel SACCO (Université libre de Bruxelles) – msacco@ulb.ac.be

Appel à communications : 

Les effets dévastateurs des activités industrielles capitalistes (Jarrige, Le Roux, 2017), dont le gaspillage alimentaire, les résidus polluants et réfractaires au réusage (Monsaingeon, 2016a, 2016b ; Guitard et al., 2019) sont devenus des symboles, conduisent des individus et groupes à entrer en résistance contre les modes de (sur)production et de (sur)consommation à leur principe. Des recherches sont consacrées au « débordement détritique » – compris « comme l’envahissement en cours du monde par nos déchets » (Monsaingeon, 2016c, 77) et aux résistances, qui se diversifient (Frère, Jacquemain, 2013), évoluent dans le temps et leurs formes. Par le passé, elles dénonçaient l’accélération des rythmes de travail, la disparition des métiers de l’artisanat, l’industrialisation massive ou les délocalisations (Carr, 2017; Noble, 2016). Désormais, elles prennent forme via des modes de consommation dits alternatifs (Dubuisson-Quellier, 2009; Guien, Ramirez, 2017), critiques (Pleyers, 2020), d’actions de réusage (Goyon, 2016; Mourad, 2012; Benelli et al., 2017), et embrassent des registres considérés jusque-là comme étrangers à ceux de l’action collective, telles que les dimensions commerciales et entrepreneuriales (Glémain, 2013). D’une part, la consommation est assimilée à un acte de résistance (Dobre, Juan, 2009; Stolle, Micheletti, 2013; Beuscart et al., 2017) auquel l’État concourt en ordonnant les conduites dites durables (Rumpala, 2009). Les préférences consuméristes se politisent et expriment une vision du monde, sinon une conception nouvelle du politique. De l’autre, les modes de production et de consommation sont teintés d’une dimension de transformation sociale explicite, à laquelle entendent participer de nouvelles sous-disciplines de l’économie (comme celles dites de la fonctionnalité, collaborative ou encore circulaire), visant la réduction de la consommation et de la production (Chiffoleau, 2019), et investies d’un rôle dans la construction de formes de transitions écologiques de l’économie (Hobson, Lynch, 2016). Toutefois, la dimension de résistance ne s’y donne pas immédiatement à lire, tant elles sont proches des pratiques dominantes – voire risquent de leur donner un second souffle (Hajek, 2020), ou de renouveler des formes d’inégalités surexposant certains groupes sociaux, comme les femmes (Guien, Hajek, Ollitrault, 2020).

C’est pourquoi cette ST entend considérer les modalités, narrations et trajectoires de ces résistances. Elles sont d’autant plus importantes que des pratiques dites alternatives ou de résistances sont elles-mêmes réappropriées et instrumentalisées par des acteurs plus traditionnels de l’économie capitaliste, sans qu’ils ne cherchent à remettre en cause ses failles (Boltanski et Chiapello, 1999). D’autres investissent les organisations et institutions contre lesquelles ils entrent en résistance pour les changer de l’intérieur (Mahoney, Thelen, 2010). Si les résistances sont des phénomènes sociaux collectifs, elles se lisent aussi dans les parcours, entre autres des « consomm’acteurs » (Pleyers, 2020). Des brouillages des frontières et de répertoires d’action sont ainsi à l’œuvre et donnent à voir des résistances multiformes (renforcement des stratégies individuelles, aux dépends des collectives etc.) à la (sur)production et à la (sur)consommation. Les cibles de ces dernières se diversifient, visant par exemple l’action publique qui les autorisent (Comby, 2015), ou attentives à une reconceptualisation du pouvoir à partir des pratiques attentives aux flux de matières et aux relations du quotidien (Schlosberg, Coles, 2019). Dans le sens inverse, l’action publique cherche à canaliser ces résistances en organisant les conduites individuelles de consommation, certaines dites durables ou circulaires (Desvaux, 2017; Dubuisson-Quellier, 2016; Rumpala, 1999, 2009).

Cette ST engage les chercheur·se·s à présenter leurs travaux sur les modalités, narrations et trajectoires de résistance aux modes de (sur)consommations et (sur)productions, mais également des résistances à leur prise en compte. Plusieurs axes pourront être retenus :

  • Politisations, échecs de politisations, dépolitisation, culturalisation du politique. A)La prise en considération des formes de (sur)consommation et de (sur)production relevant moins de découverte de réalités objectives que de leur définition sous une formulation spécifique, il pourra s’agir d’aborder la multidimensionnalité (contextes historiques, sociaux, économiques et culturels particuliers) de leur politisation. La recherche souligne qu’en France, par exemple, la catégorie de « déchet » acquiert un statut historique de manière contemporaine avec l’assignation progressive, à laquelle participe l’État entre le XIXème siècle et les années 1990, du statut juridique de ressource économique (Barles, 2005; Danjoie, 2014). Dans quelles circonstances, avec quelles ressources et quels savoirs, des modes de « production » et de « consommation » sont-ils à leur tour établis en problèmes publics (Gusfield, 1984; Neveu, 2015) nécessitant l’action d’un tiers coercitif pour en modifier l’orientation ? B) À l’inverse, dans quelle mesure les problèmes publics en matière de (sur)production et (sur)consommation tendent-ils à être dépolitisés ? Faut-il voir, à la suite de J.B. Comby, la responsabilisation des consommateurs comme une traduction d’une dépolitisation, ici des questions de (sur)consommation, de (sur)production et de gaspillage ? Ou bien faut-il à l’inverse voir dans les pratiques individuelles des voies d’engagement militant, et donc politique (Mourad, 2018, 505) ? De quelle façon la question des résidus, des formes de sobriété qu’introduisent leur prise en compte incite-t-elle à considérer la politisation à partir d’autres échelles, d’autres temporalités et attachements, en particulier ceux d’une micro-politique de l’engagement quotidien, de la proximité/du proche ou encore du genre (éco-féminisme)?
  • Régulation politique et socialeA) Tandis que l’accroissement des échanges et des réglementations internationales semble affaiblir l’idée d’un État en pleine capacité de contrôler les activités économiques sur son territoire, quelles voies prennent-les régulations, et portées par quels opérateurs ? Il s’agira de comprendre si et comment l’action publique se reconfigure à la suite de l’expression de résistances à la (sur)production et/ou à la (sur)consommation pour tenter de les limiter, les canaliser et les administrer. Les acteurs publics agissent-ils directement ou indirectement sur le comportement des acteurs économiques en conditionnant l’offre et/ou la demande ? B) Les propositions de régulation face à la (sur)consommation et/ou à la (sur)production prennent des formes éclectiques, de groupes d’intérêts – au sens d’entités cherchant à représenter les intérêts de sections particulières de la société et à influencer les processus politiques -, comme de mouvements d’émancipation individuelle ou collective. Il pourra alors être question d’actions en lien avec des mouvements d’émancipation, de phénomènes tenant davantage d’un gouvernement des conduites individuelles, typique de la période néolibérale (Dubuisson-Quellier, 2016), qui incline les citoyens à se saisir de la thématique de la (sur)consommation et/ou de la (sur)production, ou encore par le biais de la proposition d’imaginaires politiques, voire d’utopies, qui esquissent les traits d’une société idéale ou, au contraire, révèlent les impasses de situations actuelles.
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